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C’est cool France Inter sans Guillon

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Photo © Canal+

En fait je n’ai pas envie d’écrire cet article parce que 95% de mes chers amis défendent leur comique fétiche et que moi je n’aime pas contrarier mes amis 🙂

Mais je suis un homme libre, je m’exprime! Ha ha! 🙂

Moi Guillon je ne suis pas fan. Je ne le déteste pas non plus. Il arrive qu’il me fasse rire.

Je ne me sens pas très à l’aise avec cette grande campagne d’appels à la lutte pour la liberté d’expression. Le jour où Gillon sera tabassé par la milice ou sa famille menacée, je te promets je descends dans la rue (enfin faut voire, la milice ça craint quand même), en attendant, le suicide professionnel auquel il se livre depuis des mois me laisse indiffèrent. Comme je le tweetais récemment, il aurait du faire comme son camarade Demorand qui lui me manquera: dire ouvertement qu’il en a marre de se lever si tôt et qu’il veut vivre un peu, arrêter le stress terrible de l’écriture quotidienne.

On entend tout ces jours ci, invocation de la démocratie en tête. Je ne ressens pas ça. Je pense que nous rêvons tous d’avoir des patrons qui sauraient autant faire preuve de patience que l’ont fait Mrs Hees et Val. On intellectualise tout quand c’est loin. France Inter est une boite presque comme les autres, on ne se fout pas de la gueule du boss sans qu’il finisse par craquer. J’ai plus d’admiration comme toujours pour l’immense Mr Morel dont la dernière chronique est assez exemplaire, suicidaire également, mais digne. Enfin ce sont mes goûts, mes couleurs.

Et puis je ne me fais pas grand soucis pour ton protégé, d’ailleurs je crains qu’on entende un peu trop parler de ce martyre. Même moi je participe à la campagne de presse 🙂

Mais que fallait-il faire? Laisser Stéphane Guillon escalader toujours plus haut le mur de la provoc? Je ne veux pas l’accabler mais en ce qui me concerne je préfère le croiser sur une chaîne privée taillée pour le cynisme, fut-il de qualité, Canal c’est bien. Mais sur Inter, contrairement à beaucoup de mes amis, je préfère une plume plus fine, plus efficace. Quant a l’irrévérence, ce serait un long débat.

Oui ok, l’émission parfaite c’était peut-être les flagrants délirs, d’accord ça tirait aussi à boulets rouges, mais je ne saurais trop te dire pourquoi, j’y trouvais une motivation plus positive.

Car il est là pour moi le débat de fond: à quoi bon taper aussi frontalement et surtout aussi systématiquement? Ce principe du cynisme acide peut être grandiose, mais dans sa quotidienneté il devient souvent foireux à mes oreilles. Allez, je lâche même l’argument bateau: c’est facile. En fait non, ce n’est pas vraiment facile, mais c’est en tout cas plus aisé que le positif. Moi qui ne suis qu’un minuscule blogueur de la déconne qui ne vit que pour la vanne aux 5000 RT, je passe mon temps à en mettre à la poubelle, même quand je pense qu’elle “cartonnerait” d’enfer, parce que je ne veux pas être un vanneur, un killer. La casse ça marche, on le sait. C’est rentable. J’attends mieux des autres et de moi même.

Et puis en même temps on s’en fout de cet argument. L’important n’est pas la difficulté de l’entreprise.

Non l’essentiel pour moi est l’objectif. Le premier: faire rire. Là c’est subjectif, manifestement il fait beaucoup rire, dont acte.

Le deuxième: faire avancer le monde. Quoi pompeux? Non, je ne crois pas. J’ai déjà entendu le Sieur Gillon s’exprimer sur le sujet, il veut dénoncer, il est dans la démarche militante, et il est peut-être sincère, mais je pense que ce n’est pas efficace, voire même contre productif. Il fait rire ceux qui sont d’accord avec lui, dont souvent je suis d’un point de vue politique, mais il ne fait pas réfléchir son adversaire: il ne le déstabilise pas, il l’énerve. Bilan nul.

Le rire est sublime, toujours à mon humble avis, lorsqu’il désacralise, lorsqu’il met en lumière, qu’il casse les préjugés. Guillon martèle son créneau, si ça te plaît tu te marres, mais c’est du rire de clan. On se moque du con d’en face,  je pense que c’est plus fort quand on fait rire le con d’en face.

Bon, je reconnais, ce sont un peu des phrases, on ne va pas non plus “rire avec tout le monde”.

Enfin un point important: l’époque numérique. Quand Bedos cassait du Giscard au cirque d’hiver c’était confiné. Il en ressortait des choses mais finalement très peu. Aujourd’hui avec le web et les média qui larsennent, les guillonneries sont reprises en boucle et plus ça tape fort plus ça circule. Cette envahissement de la castagne guignolesque me gonfle un peu. Moi qui suis gandhiste ascendant desprogien, je rêve de plus de subtilité.

Quant à Hees et Val, cette accusation de larbins de l’Elysee, ça me semble un peu grotesque. Je ne pense pas que nous en soyons . On est dans la suspicion permanente. J’attends toujours le tweet factuel “Sarkozy a appelé Hees pour demander la tête de Guillon”, ou bien un employé de France Inter qui nous dirait “mon redac en chef m’a demandé de laisser tomber le sujet sur Woerth pour parler de sécurité”. Comme disait Val ce matin au “médiateur”, l’indépendance elle est morcelée, elle est dans chaque journaliste, chaque animateur, chaque chroniqueur, chaque comique. Tout le monde a du mal avec le changement. Jugeons sur pièce, nous verrons bien ce que vaut ce France Inter de la saison 2010/2011, il sera bien temps de critiquer, me semble-t-il.

Et j’espère que tu resteras mon ami 🙂

Je finis une fois de plus avec cette belle phrase Jean Louis Aubert: “Je te laisse le cynisme, moi je n’ai plus envie”

PS: pour Porte, je ne connais pas bien le dossier, je n’ai pas d’avis spécial sinon que je préfère son travail à celui de Guillon.

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Les « traitres » gardent ma confiance

Je te préviens, je sens que je vais être long et ennuyeux.

kouchnersarkozy

Donc non seulement Mr Kouchner serait un traître (ben oui, il a accepté un poste dont il rêve depuis tant d’années, quel crime!) mais en plus maintenant si j’ai bien compris c’est un salaud d’hypocrite qui n’est intéressé dans la vie que par le pognon.

Bon, ok. Sympa le programme.

J’ai entendu Mr Péan dire « Il n’y a rien à reprocher juridiquement à M Kouchner, je me place sur un plan moral, je veux dire au monde qu’il n’est pas le chevalier blanc qu’il prétend ».

C’est peu nous prendre pour des truffes non?

Qui a dit que Mr Kouchner est un ange? Pour moi Kouchner c’est l’incarnation d’idées comme l’ingérence ou l’internationalisme, des concepts auxquels j’adhère depuis toujours et c’est cela mon essentiel. Pour autant je n’ai jamais mis de posters de lui au dessus de mon lit. Ce n’est pas un être parfait mais ses efforts pour faire avancer des concepts importants à mes yeux font que j’ai de la sympathie pour lui. That’s all folks.

Quelle est donc cette pulsion d’absolutisme qui génère tant de cynisme et de dénigrements tout azimut?

Qui parmi nous est si parfait? (enfin j’en connais un, mais je ne peux pas le dire ici, ce serait considéré comme prétentieux). Que serait le bilan de nos vies sous l’oeil aussi vindicatif d’une plume journalistique aussi « bien » intentionnée.

D’accord, on peut nous informer pour mettre en contre point de propos moralisateurs des agissements contraires, c’est l’honneur du journalisme. Mais est-ce le but de ce livre? Je ne sais pas. Je ne me prononce pas. J’émets un doute.

Ce que je veux juste dire, c’est qu’on caricature en 3 secondes. C’est comme l’acceptation de participer à un gouvernement de droite. Je crois que j’aurais fait pareil à sa place. J’ai grandi dans 14 ans de Mitterrandisme, et sans mépris aucun pour cette génération socialiste, j’ai perdu l’espoir du « changement », celui que j’attends, en tout cas au travers d’une alternative UMP/PS.

J’arrive à un âge ou j’ai envie de « faire », je n’ai plus d’intérêt aux palabres partisans. J’ai mes opinions, mes amis les connaissent, mais si j’avais l’occasion de bosser avec ce que certains prennent pour les « salauds », cela ne me gênerait pas. Je parle ici de la droite républicaine.

Moi qui ai toujours voté à gauche, je reste estomaqué par la composition de ce gouvernement. Je m’attendais tellement à un clône du conseil municipal de Neuilly. L’ouverture que beaucoup prennent pour une simple manipulation politique me plaît. Pour en revenir à Kouchner, ce que j’entends partout c’est que de toute façon il est là pour s’écraser et qu’il ne fait qu’appliquer le doigt sur la couture du pantalon ce que dit Napoléon.

Encore une fois ça me semble très caricatural. Ok c’est le patron qui tranche au final, pas de doute la dessus. Mais ça c’est français, nous sommes restés royalistes, c’est pas terrible, mais c’est un fait. Pour autant cela ne veut pas dire que la cour, si elle est de qualité, n’a pas d’influence. Je ne pense pas que Mr Sarkozy considère Mr Kouchner comme une marionnette soumise. C’est lui le chef, mais je préfère que les discussions qu’il a avec son ministre des affaires étrangères soient poussées par l’idéologie Kouchnerienne que par celle d’un ministre soumis d’une vieille droite réactionnaire et nationaliste comme j’avais craint ce soit le cas. (oula, c’est français ça? 😦 (edit: il parait que maintenant c’est bon))

Je ne suis pas toujours d’accord avec mes patrons mais il m’arrive d’avoir leur oreille et je crois qu’ils me respectent assez pour que parfois mon avis ait une influence sur leur décision. C’est ça le monde, c’est compliqué, chaque acte agit sur l’ensemble.

Je ne crois pas que Mr. Kouchner soit soumis.
Je ne crois pas Mr. Kouchner soit un saint.
Je ne crois pas que Mr. Kouchner soit un salaud.

Pour en finir sur le sujet, j’ai beaucoup aimé l’avis de Philippe Val ce matin sur le « petit différent » qui oppose messieurs Péan et Kouchner:

Voilà, pardon pour la longueur, c’était « Le monde selon J. »  😉

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