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La vie existe: je l’ai rencontrée

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Expérience aux confins de l’extrême, ce matin, pour d’obscures raisons que je t’épargnerai, j’ai du sortir dehors: « des trucs à faire dans le jardin », paraît-il.

C’est donc le ventre noué par la peur que je mets un pied à l’extérieur. Soleil.

Des moineaux tweetent dans les arbres, ce monde hostile me fait plutôt bon accueil, je prends sur moi, je brave l’angoisse et je me mets au jardinage.

C’est alors que les premières gouttes de sueur perlent à mon front office qu’un habitant du dehors apparaît dans ma timeline, je le vois s’approcher par dessus mon firewall de cyprès que j’ai manifestement coupé trop court: l’angoisse monte, je sens bien qu’il va me poker ou quelque chose dans le genre. Pourtant pas une diode d’état, pas un status, pas un profil de celui qui me fait face, rien qui me permette de comprendre la situation.

C’est au summum de ma confusion qu’il m’assène sans que j’ai le temps de réagir un status inattendu alors que nous ne sommes évidemment pas connectés: « Fait beau hein? Alors comme ça on jardine? »

Je reste pétrifié. Spam or not spam? Je block? Intrigué, je ne sais pas pourquoi mais finalement j’accepte de lui reply sans condition. « Et oui, on jardine ».

La pression retombe. Il ne me semble pas animé de sentiments commerciaux.

@lui: « Vous avez raison, ça va aérer un peu, ça va vous donner un peu de volume ».
@moi: « oui c’est ce que je me disais. »

Et le thread s’amorce étrangement avec ce drôle de type qui ne me propose pas un seul réseau social pour arrimer notre conversation. Sensation d’ivresse, je sens bien que c’est mal, mais il y a indéniablement du plaisir dans notre tchat.

Au cours de ce voyage offline, la folie s’empare peu à peu de nos esprits déconnectés et je découvre au final que le pauvre énergumène est totalement à la dérive (il n’a même pas un email), et qu’il est complètement en marge de la société. Je sens poindre des pulsions de compassion, j’envisage même un instant de l’inviter dans mon localhost un soir de semaine pour un apéro, mais je me reprends très vite et clos la connexion un peu brutalement, prétextant une invitation facebook à honorer.

C’est une peur rétroactive qui me prend maintenant quand je pense à l’inconscience de mon attitude: qu’aurais je fait s’il m’avait emmené jusqu’au point de non retour, hors de portée de mon wifi?

Une chose est sûre, on ne m’y reprendra plus.

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