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Identité numérique: la proposition Identic

Je vois pas mal de posts sur le lancement de identic.laposte.fr, solution d’identification numérique certifiée par La Poste (exemples pour plus de détails chez Manu ou chez Pierre-Olivier)

C’est une bonne chose pour Charles Nouÿrit, heureux papa de MyId.is certified qui est au coeur de cette technologie, La Poste apportant finalement la caution morale, le capital confiance essentiel.

Mais est-ce une bonne chose pour nous?

Personnellement je pense que oui, mais je comprends les débats qui agitent certains et qui me semblent vraiment importants.

L’idée est donc de s’abonner pour 1 euro par mois à la plateforme Identic qui te permettra dès lors de te connecter via ce seul compte et de façon certifiée à tous les sites partenaires. C’est comme un facebook connect mais avec quelqu’un de confiance 😉

Enfin c’est là qu’est la discussion. Feras-tu confiance à MyId.is, entreprise privée?

La confiance, c’est une valeur centrale du business en ligne, la eRéputation quoi.

Elle est sur plusieurs plans.

1- Ces données personnelles seront-elles vendues à des tiers?

2- MyId.is est-elle assez solide pour centraliser toutes ces données et les protéger d’un grand hack à la SONY?

Je ne peux pas parler de mon travail mais juste pour être transparent, j’ai rencontré Charles pour des possibilités de collaboration.  En l’occurence j’ai déjà plaidé pour lui auprès de ma hiérarchie sur ce point précis: tout le business Charles tient à sa crédibilité, qu’une seule fuite soit avérée, une seule faute de confiance et tout s’écroule. Il n’a aucun intérêt à te trahir. Enfin c’est mon avis que je partage.

Maintenant sur la solidité de la solution, il te fera mieux le pitch que moi, je ne suis pas expert en hack. Les discussions que nous avons eues sur son infrastructure m’ont plutôt impressionné mais encore une fois je suis noob en sécurité,  si tu as des questions, il est accessible.

Une des oppositions se formule en gros ainsi: Veut-on se faire ficher?

C’est assez compliqué. Je trouve important de trouver un moyen d’identification numérique, je vois mal comment on peut éviter un organisme centralisé. Si c’est l’Etat certains ont peur du big brother politique, si c’est un privé, on n’a pas confiance. Finalement cette solution d’un expert privé à son tour certifié par l’Etat, enfin La Poste dans ce cas, n’est-ce pas une bonne solution?

Paul Da Silva a des doutes, il n’est pas le seul, et je pense qu’ils ne vont pas le lâcher, mais je t’invite vivement à lire la réponse très complète de Charles sur le blog de Manu.

Je sais simplement une chose que j’expérimente professionnellement: il est très difficile de mettre en place des services globaux, notamment publics, si les populations n’acceptent pas ce que j’appelle une indexation. Les pays sont tous très différents dans leur approche, je connais des pays nordiques qui acceptent des fichages individuels qui feraient pâlir nos compatriotes 🙂

En tout cas le débat est important, il faut en causer: des propositions comme MyId.is avec des contradicteurs comme Paul, ça me va.

PS: L’expérimentation démarre sur le département de l’Essonne, je suis donc concerné. Bon, pour l’instant ça me donne accès à http://www.trefle.com/, disons que c’est le début 😉

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What about you? Plaidoyer contre l’anonymat

anonymous

Henry Michel vient de mettre à jour sa page « about », et comme d’habitude il est à contre courant: il fait face. Photo, grande qui plus est, + bio claire et détaillée.

Ca m’a plu car je plaide depuis longtemps pour une exposition plus franche des identités sur Internet. Combien de fois on clique sur ce genre de pages et on n’y apprend rien, et personnellement j’adore voir à qui je vais peut-être parler. 🙂

Mais cela va plus loin que ça. Je suis aujourd’hui des gens qui m’intéressent, avec qui je discute et avec qui j’ai même parfois établi une sorte de proximité, et dont je ne sais pas à quoi ils ressemblent. C’est pour le moins étrange. Nombreux sont ceux qui ne veulent pas voir leur tronche sur Internet (tiens ça me rappelle ça). Je peux le comprendre, c’est vrai qu’il faut se faire violence au début.

Mais Internet est une place publique, je trouve qu’il est élégant de s’y exprimer à découvert. Surtout pour ceux qui publient, mais aussi pour ceux qui commentent. Le temps de l’anonymous est révolu camarade! Nous ne sommes plus entre geeks potaches, nous sommes global. Je comprends qu’on observe anonymement, je suis moins d’accord qu’on s’exprime planqué.

J’en entends déjà certains brandir la démocratie, la défense des libertés individuelles, tous ces grands mots qu’on sort un peu trop souvent à mon gout pour justifier parfois une timidité, parfois une lâcheté (oui troll, je parle de toi). Je lis à propos de la nethique des projets de charte de bonne conduite allant dans ce sens. Il ne me semble pourtant pas nécessaire de rédiger un document, Internet est un espace de liberté qui n’aime pas les règlements (autres que la loi bien sur 😉 ), pour autant il me semble qu’une culture de la responsabilité nait sur le net. Les trolls sont quasiment toujours anonymes, suffit de les sabrer. la technique la plus simple pour préserver la qualité des débats sur le net est selon moi simple: si t’es correct et identifié ok, sinon poubelle.

A cela certains répondent par « censure! ». Oui et alors? J’ai encore lu cette semaine que les blogs et les forums seraient des espaces démocratiques. Et puis quoi encore? Oui Internet est démocratique au sens ou tout le monde peut ouvrir sa gueule et créer un espace d’expression mais pris individuellement, chaque site ainsi ouvert n’est pas démocratique. L’auteur en est responsable et gère le contenu, ce qui passe par une modération, plus ou moins sévère, à chacun de fixer ses limites et d’assumer. Internet est la ville, le site est la maison, et quand on va chez quelqu’un, on n’y va pas pour l’insulter, ou en tout cas, faut pas être surpris après de se faire mettre dehors.

Personnellement je suis très sévère sur la modération et je n’ai jamais eu de problème. En même temps je t’aime et tu m’aimes non? 🙂

Je fais aussi un lien avec le débat actuel sur le droit à l’oubli: on y associe parfois la notion d’anonymat qui pour moi est bien différente. Dans l’idéal j’aimerai que tout le monde s’exprime a visage à découvert, mais si l’Internet de demain en était capable, je trouverais tout à fait légitime qu’on puisse effacer toute trace dont on est l’auteur. Ce qui est notablement différent me semble-t-il.

Bref, je résume, je suis comme toujours militant de la transparence et tu m’obligerais en te dévoilant. Internet a envie de te voir dans toute ta splendeur! 🙂

Note: Evidemment je parle ici des internautes vivant dans des pays démocratiques.

Note2: about page mise à jour 😉

tweet this my friend!

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Révélation: Ecole de la vie 2.0

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En ces temps troublés où tout le monde veut te faire peur sur le monde du dehors, où les thèses conspirationnistes fleurissent sur la toile, nous sentons poindre chez toi, jeune auditeur, l’angoisse sourde, l’interrogation:  « mais alors comment qu’on fait nous pour vivre notre passion sur la toile? ».

A toi jeune padawan surfer, citoyen 2.0 en devenir, je te livre aujourd’hui le secret qui te sauvera de toutes tes tragédies futures. Ce secret tient en une seule et unique loi, la loi fondatrice que nous appelons depuis des siècles de publication internétique la loi du « t’assumes ou tu la fermes« .

Si à la moindre de tes pulsions éditoriales tu sais te contraindre à cette gymnastique au point qu’un jour elle devienne réflexe, alors tu seras protégé du ton pire ennemi: toi même.

la loi du "t'assumes ou tu la fermes"

Va en paix mon petit, gazouille et sois heureux car tu connais dorénavant la solution de toute chose 2.0: ta liberté n’est qu’au prix de ta maîtrise.

A diffuser largement en classe avec l’autorisation de ton professeur.

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Y a-t-il une vie numérique après la mort?

Je me suis posé la question récemment: que deviendra mon compte GMail si je meurs demain?

Je tiens tout de suite à rassurer ma famille et mon banquier: je n’ai aucune pulsion suicidaire ces temps ci.

J’ai donc trouvé qu’on peut accéder au compte d’une personne défunte au prix de quelques garanties bien légitimes, mais à mon avis, faut pas être pressé. 😦

Poussons plus loin.

jcfrog memories 2.0

Dans les siècles qui nous ont précédés, nombreux ont été ceux qui ont pu redécouvrir des proches disparus au travers des traces écrites laissées par ceux-ci: lettres, cartes postales, documents officiels, mémoires, …

J’ai la chance de ne pas avoir vécu ça mais j’imagine la charge émotive d’un tel voyage. Je pense en particulier à cette plongée dans une intimité jusqu’alors souvent inconnue.

Hors la révolution numérique une nouvelle fois change la donne: la trace écrite que nous, les de plus en plus nombreux webactifs, laissons dans le global brain, ne cesse de grossir à fond les ballons. Imaginons un instant que le bon dieu décide donc de me supprimer mon compte demain. Si quelqu’un était en mesure de fournir à ma veuve et mes orphelins mon id et mon mot de passe, ceux ci auraient accès à une très grande part de mon vécu: mes mails, mes photos privées, mes documents, tous mes comptes en ligne. Bref, mon intimité numérique.

D’ailleurs pour mes enfants par exemple, nul besoin de connaître mes mots de passe pour redécouvrir d’ici qu’ils grandissent un peu la personnalité de leur papa à travers ses interventions sur les forums, blogs, twitter ou autres plateformes 2.0 au cours de toutes ces années. Déjà aujourd’hui des outils un peu vertigineux permettent de rapatrier toutes tes interventions sur la toile mondiale rien qu’en connaissant ton pseudo. Et puis il y a la multiplication de l’image, de la vidéo: des témoignages de vie de chacun seront de plus en plus souvent à disposition pour tous et pour « toujours ». Imagine pouvoir regarder sur YouTube des conneries de ton arrière grand père quand il avait 20 ans, des débats passionnants de ton arrière grand-tante sur le féminisme sous la 4eme République? 🙂

Je ne sais pas ce que sera l’Internet dans 40 ans et au delà, gardera-t-il l’empreinte de toute son évolution, on peut le penser. Cela voudrait dire que les générations futures, avec des systèmes que je n’imagine même pas encore, pourront certainement avoir accès à une vision globale de leurs aïeux par les traces numériques dans le global brain. Faudra-t-il légiférer? Accepter de son vivant par voix testamentaire que nos enfants aient accès à notre « esprit » numérisé?

Je ne sais pas, je n’ai que des questions, mais le sujet me semble intéressant.

Ce qui est sûr, c’est que nous sommes de plus en plus persistants dans la mémoire collective. Ca va devenir difficile de disparaitre sans laisser de trace. Tant mieux pour les historiens, tant pis pour ceux qui tiendraient à une éventuelle intimité post mortem… 🙂

Note to myself: penser à rappeler mes id/pwd à ma Laurette 🙂

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