Le mérite: l’arnaque aux valeurs #droite #gauche

Mérite: ce qui rend un homme digne d’estime. (définition)

Quand on se chicane sur les valeurs fondatrices de nos visions de la Société, j’ai t’ai souvent entendu, frère de droite, invoquer le mérite comme pierre angulaire du dispositif, ceci en opposition à l’égalitarisme inconsidéré des gauchos prônant l’assistanat. Et ça m’énerve🙂

Le méritocratie, voilà pour moi une belle arnaque.

Je vais passer outre ma conviction profonde mais déprimante selon laquelle nous ne sommes responsables de rien, surtout pas de notre esprit et donc en théorie incapables de mériter quoi que ce soit.

Non, laissons nous aller aux bons sentiments que j’aime tout autant  selon lesquels un être humain devrait pouvoir espérer se réaliser grâce à ses talents et son investissement personnel, plutôt qu’à sa lignée monégasque.

Le problème pour moi est que ce « mérite » est généralement dégainé pour justifier ces aberrations sociales que sont les grandes fortunes.

« Il ne l’a volé à personne » entend-on aussi. Et alors?

Qui mérite de posséder des milliards de dollars? A mon sens personne. C’est là certainement que nous divergerons.

Mais surtout, surtout, j’aurais aimé qu’on utilise les bons mots: nous ne parlons pas de mérite mais de rentabilité.

Évidemment, la Rentabilitocratie, c’est moins vendeur🙂

S’il est bien une chose qui n’est en rien corrélée avec le mérite des individus, c’est bien leurs revenus. Et c’est de pire en pire, la responsabilité se dilue toujours plus. Les crises qui secouent la planète sont graves notamment parce qu’elles démontrent comme jamais à quel point est bafouée la seule valeur qui pourraient permettre de supporter des différences de conditions sociales: un minimum de justice.

Si le mérite enrichissait, les pompiers, les infirmières, les éducateurs ou les éboueurs seraient alors plus riches que des ingés bobos comme moi, et mère Théresa inviterait Gandhi à boire le champagne sur son yacht en baie de St-Tropez.

En ce qui me concerne j’ai toujours ressenti que mes conditions de vie ne dépendaient que d’une seule chose, ma rentabilité. C’est un fait. Et j’ai concrètement constaté que cela empirait dans les 15 dernières années.

J’ai dans l’idée que si je lâchais tout pour aller aider les damnés du monde, ma dignité augmenterait, mais j’y perdrais à coup sûr en pouvoir d’achat.

Je ne mérite rien de ce que j’ai, même s’il m’arrive pourtant de le penser un peu.

Ca vaut évidemment pour tout le monde: la star de la chanson, du foot, le grand patron, l’inventeur de génie.

Et c’est cette arnaque qu’on nous rejoue dans les problèmes très symboliques pour moi des droits d’auteurs.

Je l’ai déjà dit mais rien n’est plus ultra libéral que le domaine artistique: une infime « élite » profite d’une manne financière astronomique quand l’immense majorité du prolétariat de la création crève la dalle. Mais tout cela serait justifié par le « génie », le mérite artistique en somme. Et nos télés nous le prouvent chaque jour: c’est bien ce génie créatif de qui est récompensé.

D’ailleurs la comparaison continue: dans l’économie libérale on t’explique qu’il faut favoriser le riche car cela a des retombées positives pour le pauvre, de même l’industrie du disque justifie bec et ongles l’archaïsme de son modèle économique au prétexte que cela permet de financer les « petits », pour l’amour de l’Art.

Qui croit encore à ça?

Moi je veux bien qu’on discute, de tout, mais j’aime bien qu’on utilise les bons mots. Question d’intégritude.🙂

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  1. #1 par Simon le septembre 19, 2011 - 1:12

    Heureusement qu’il y a une justice : on peut être caissière ou éboueur à bac+4, de nos jours🙂

  2. #3 par lipki le septembre 19, 2011 - 1:25

    C’est d’autant plus absurde que le mérite est l’un des meilleurs combustible de l’humain.
    Et même le principal, s’il n’était pas étouffé par le besoin d’argent pour manger.

    On se sert du mérite comme justification, au lieu de s’en servir comme motivation.

  3. #5 par Flo_mad le septembre 19, 2011 - 1:56

    Surtout que le mérite est une notion malheureusement assez injuste. Nous ne naissons pas égaux. J’ai toujours eu beaucoup de facilité durant mes études, ce qui m’a permis de réussir confortablement moyennant un investissement très modeste là où d’autres personnes trimaient corps et âme pour obtenir des notes bien moins avantageuses. En terme de mérite, ces personnes méritaient beaucoup plus que moi. Ont-elles été récompensées ? non. C’est le résultat qui compte. D’où la question de la rentabilité, en fin de compte bien éloignée du « mérite ».

    Un grand +1 pour ce billet

  4. #6 par babolos le septembre 19, 2011 - 2:52

    ok pour ton billet, mais la, en lisant ta définition du mérite, j’ai comme un doute sur le fait que j’avais vraiment mérité ma sieste dimanche après le match de rugby ?

    • #7 par jcfrog le septembre 19, 2011 - 3:18

      ah non, là aucun doute, on l’avait bien méritée🙂

  5. #8 par Alex (@alex59ace) le septembre 19, 2011 - 5:42

    J’aime bien lire ce genre de poste je n’est que 18 ans je n’est pas encore finit d’apprendre des choses Et comme le dit Flo_mad on naît pas tous égaux. Je pence que l’on a tous un talent pour avoir des facilité a faire quelque chose Pour moi c’est l’informatique encore aujourd’hui en 3H d’info tout est rentré tout seul pas besoin de remué mes « méninge » pour avoir la réponse tandit que pour d’autre cela était incompréhensible et la justice les loi met tout le monde dans le même lot tendit que chacun est différent (pour certain 130 sur l’autoroute c’est trop rapide ils on pas assez de réflexe pour d’autre c’est trop lent et la est le problème de la société. On est tous Different.

    Ps désolé pour la « pâté »

    • #9 par Nicolas Z @freeeflyer le septembre 21, 2011 - 4:54

      Chacun ses prédispositions, chacun ses intérêts, certains sont bons en informatique et en sciences en général, d’autres trouvent de l’intérêt pour les lettres, et certains sont pompiers ou infirmières ou simplement ont de la considération pour leurs semblables. Le mérite n’est pas proportionnel à l’intelligence. Le mérite n’est pas tangible, calculable, évaluable..

      Par exemple, tu mériterais bien des cours de français et d’orthographe🙂

  6. #10 par Arno le septembre 20, 2011 - 8:45

    Viens là que je te bise !

  7. #11 par Nalsu le septembre 20, 2011 - 8:55

    J’aime la volonté d’apporter la rigueur, la modestie de réalisme et (un peu) l’optimisme qui fait dans défauts dans les débats actuels.

    D’autant que, dans notre société de mass-média, un mot détourné ou utiliser pour un autre, sciemment ou pas, ou des raccourcis vraiment trop rapide (comme dans l’exemple de ta conclusion ^^) à malheuresement des conséquences très rapides et significatives…

    Donc, bravo pour le post, d’autant que je suis personnellement plutôt d’accord =)

  8. #12 par murielle le septembre 27, 2011 - 6:48

    Très bon poste.
    J’ai retrouvé un poème de Prévert écrit en 1933 à l’occasion des grèves Citroen. Et je le trouve d’actualité, en accord avec cet article et la rentabilocratie🙂

    À la porte maisons closes
    C’est une petite lueur qui luit…
    Mais sur Paris endormi, une grande lumière s’étale :
    Une grande lumière grimpe sur la tour,
    Une lumière toute crue.
    C’est la lanterne du bordel capitaliste,
    Avec le nom du tôlier qui brille dans la nuit.

    Citroën ! Citroën !

    C’est le nom d’un petit homme,
    Un petit homme avec des chiffres dans la tête,
    Un petit homme avec un sale regard derrière son lorgnon,
    Un petit homme qui ne connaît qu’une seule chanson,
    Toujours la même.

    Bénéfices nets…
    Millions… Millions…

    Une chanson avec des chiffres qui tournent en rond,
    500 voitures, 600 voitures par jour.
    Trottinettes, caravanes, expéditions, auto-chenilles, camions…

    Bénéfices nets…
    Millions… Millions…Citron… Citron

    Et le voilà qui se promène à Deauville,
    Le voilà à Cannes qui sort du Casino

    Le voilà à Nice qui fait le beau
    Sur la promenade des Anglais avec un petit veston clair,
    Beau temps aujourd’hui ! le voilà qui se promène qui prend l’air,

    Il prend l’air des ouvriers, il leur prend l’air, le temps, la vie
    Et quand il y en a un qui crache ses poumons dans l’atelier,
    Ses poumons abîmés par le sable et les acides, il lui refuse
    Une bouteille de lait. Qu’est-ce que ça peut bien lui foutre,
    Une bouteille de lait ?
    Il n’est pas laitier… Il est Citroën.

    Il a son nom sur la tour, il a des colonels sous ses ordres.
    Des colonels gratte-papier, garde-chiourme, espions.
    Des journalistes mangent dans sa main.
    Le préfet de police rampe sous son paillasson.

    Citron ?… Citron ?… Millions… Millions…

    Et si le chiffre d’affaires vient à baisser, pour que malgré tout
    Les bénéfices ne diminuent pas, il suffit d’augmenter la cadence et de
    Baisser les salaires des ouvriers

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