La Neutralité du Net c’est nous

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Comme je le confessais récemment dans le RdV Tech, je ne prétends pas connaître assez le dossier pour donner un verdict quelconque.

Ca ne m’empêche pas d’avoir un ressenti plus “large”.

Rappel de la définition selon Wikipedia:

La neutralité du Net ou la neutralité du réseau est un principe fondateur d’Internet qui exclut toute discrimination à l’égard de la source, de la destination ou du contenu de l’information transmise sur le réseau.

Or il semblerait que les grands acteurs du net s’orientent vers un Internet à 2 vitesses, favorisant de fait l’accès à des services/diffuseurs qui auraient les gros sous, les petits OS du web devant se contenter d’un Internet gratuit mais plus lent, voir moins bien référencé.

Soyons clair: je trouve cela totalement super méga dommage.

Pour autant une fois de plus je garde ma confiance en une intelligence collective qu’on ne peut plus arrêter. Que les opérateurs et géants du Net nous la jouent business est d’une part tout sauf étonnant, mais surtout il ne peut être leur intérêt de sabrer violemment le web d’aujourd’hui: à moins d’une censure totale, les talents ne pourront pas être étouffés. Je crois que le prochain Brel ou le prochain Pasteur se révéleront, même s’ils doivent faire leur personalbranding sur des tuyaux plus fins. On passe après de la daube commerciale mainstream des vilaines majors? So what? Ca va nous empêcher d’être curieux? de fouiner? de promouvoir le beau?

Ce qui compte c’est la matrice, la puissance neuronale d’une interconnexion planétaire. Le cerveau sait dériver ces circuit en cas d’accident pour utiliser des zones du cortex à d’autres fins que celles auxquelles elles étaient prédestinées. Le global brain saura se recabler. A moins bien sur d’imaginer une tyrannie totale avec filtrage et coupure des contenus. Et je n’y crois pas. Ce serait une déclaration de guerre sans intérêt.

J’ai lu un jour que Google n’avait pas peur de perdre des parts de marché, Google a peur de disparaître, du jour au lendemain. Je crois que ces géants jouissent d’un capital confiance avec lequel ils savent qu’ils ne doivent pas trop jouer. Qu’ils fassent passer la pilule d’une favorisation d’utilisateurs premium, peut être, mais s’ils deviennent des « vendus », ils perdront, d’autres sauront prendre la place qu’ils délaisseraient.

Je ne dirais qu’un mot pour leur défense: je n’ai pas la solution pour le financement de tout ce gigantesque et extraordinaire foutoir numérique (même si j’ai des idées #servicepublic #global😉 ), et je trouve que nous sommes parfois bien arrogants assis au fond de nos caves, sur nos machines, à surfer à longueur de journée sur des outils fabuleux et gratuits, à exiger qu’ils le restent. C’est un peu facile😉

Je souhaite comme beaucoup qu’on préserve la neutralité du Net, mais si dans le pire des cas nous perdons, je n’ai pas peur, j’ai confiance en toi!🙂

PS: oui je sais je force sur le positivisme, mais c’est mon job. #peace #love

source illustration (c) MedMatiq

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  1. #1 par MyGB le août 31, 2010 - 9:50

    Oui, enfin… la neutralité du net, pour l’internet à même vitesse, c’est surtout sur papier.
    La bande passante coute cher, les raccordements aussi, quand Free veut se raccorder aux Datacentre de Google (pour économiser des couts de transit), Google veut faire payer car il s’estime en position de « force »).
    Et puis, dès qu’on va un peu plus loins que le national, on est soumis aux limitations de la distance des réseaux, les fournisseurs de transits, les peerings du serveur distant…

    Le seul moyen d’avoir un internet totalement « neutre » dans ce point de vue est de payer, payer ce que l’on consomme, type, les offres professionnelles.
    C’est dommage, mais c’est comme ça. Les offres illimités sont qu’un argument de vente, des hommes d’affaires ont largement calculés que certains vont consommer plus que d’autres mais qu’au final cela s’équilibrerait. Si tout le monde se mettait à télécharger des Teras par mois, on en reviendrait vite aux quotas.

    Par contre, le fait de censurer du contenu, là, c’est pas « normal ».

  2. #2 par dd le août 31, 2010 - 10:17

    « Le cerveau sait dériver ces circuit en cas d’accident pour utiliser des zones du cortex à d’autres fins que celles auxquelles elles étaient prédestinées. »

    Oui, enfin le trajet des données est prédéfini par le routage des différents acteurs du réseau, du FAI de base aux tiers1. Ce n’est pas un réseau qui s’adapte et que les simples utilisateurs peuvent changer à leur guise. Tout est définit par les accords commerciaux, peering, …
    Penser le net comme une nébuleuse non métrisable, comme un être vivant qui d’adapte me parait faux.
    La seule puissance que les utilisateurs ont, c’est la masse d’argent que l’on choisit de mettre dans un FAI ou un autre en fonction de notre mécontentement. Et à mon humble avis, la neutralité du net, la majorité s’en contre fout…

  3. #3 par Ludovic le août 31, 2010 - 10:25

    le controle de l information et de sa diffusion existe depuis plus de 2000 ans, quelques soient les medias utilisés et disponibles a chaque epoque. cela est inhérent a la nature humaine et donc aux sociétés créées par ces meme humains. donc je ne comprend pas du tout l intérêt du débat sur la « neutralité du net » !
    tout a coup on se réveille et on se dit : Tient, l information est controlée, censurée ? nooonn ? incroyable !
    l internet est un media comme un autre et a moins d être tres naif, je ne voit pas pourquoi imaginer qu il échapperait aux regles des autres medias, sachant qu il est controlé par nos cheres multinationales, pleines de bonnes intentions et d une moralité exemplaire….

  4. #4 par Sammy le août 31, 2010 - 1:42

    Bonjour,

    Je n’arrive pas à partager votre optimisme sur cette phrase : « Ca va nous empêcher d’être curieux? de fouiner? de promouvoir le beau? » ; malheureusement -et même si je me reconnais dans cette description- j’ai bien peur que les curieux-fouineurs ne soient pas la majorité… La majorité des utilisateurs du web, ou, dans le meilleurs des cas, du web que l’on est en train de voir se construire sous nos yeux, ne sont pas des curieux, fouineurs… pas des geeks. Plutôt des taties Germaines, des gens qui voudront un web aussi facile et lisse que ce que leur offre le cinéma et la télévision : j’appuie sur un bouton, et j’ai ma dose de divertissement.

    Pour autant, je suis d’accord avec vous sur la métaphore des circuits dérivés, etc. Même si toute cette frange de la culture du web d’aujourd’hui, risque de devenir l’underground de demain, et d’être à ce titre d’être « diabolisé » (désolé, le mot est un peu fort, je n’ai pas trouvé de synonyme), et donc de devenir encore moins accessible pour tous les futurs internautes élevés au biberon mainstream/Orange/Google…

    • #5 par jcfrog le août 31, 2010 - 2:38

      oui d’accord, mais c’est cool que tatie Germaine nous rejoigne!🙂
      moi je trouve ça bien la mainstreamisation, c’est pas grave, y’a de la place pour tout le monde!😉

  5. #6 par Sammy le août 31, 2010 - 3:24

    Là, je suis entièrement d’accord ! Je milite (dans mon entourage proche) pour que toutes les taties Germaine et assimilées (tous ceux qui disent « les ordinateurs et internet, c’est pas pour nous ») puissent nous rejoindre !

  6. #7 par Sammy le septembre 1, 2010 - 9:47

    Salut !

    Juste un petit site, pour illustrer mon propos d’hier ; c’est une sorte de VDM, mais consacré uniquement aux bourdes informatiques : http://www.pebkac.fr/

    Ca peut parfois faire sourire, mais au final, je ne trouve pas ça très drôle : toutes ces conneries faites par des utilisateurs non initiés, et dont se moquent des informaticiens de professions, ou des praticiens réguliers, tout ce que ça met en avant, c’est le manque de formation de toutes ces Taties Germaine… Je crois que le noeud du problème est là, et c’est un peu ce que je voulais dire : tous ces gens, qui font des conneries qui nous semblent pourtant tellement évidentes, ce sont eux, le gros des utilisateurs du web… et tous nos questionnements sur la neutralité du réseau etc. ça les dépasse complétement… je crois même qu’ils s’en foutent. Tout ce que veulent la plupart, c’est pouvoir continuer à cliquer sur le e bleu sur l’écran…

  7. #8 par Matt L. le septembre 1, 2010 - 2:17

    Bonjour,

    c’est amusant ce nouveau buzz (ou prise de conscience ?!) depuis une rumeur, d’ailleurs rapidement démentie par Google.
    Dans ton billet, tu écris « il semblerait que les grands acteurs du net s’orientent vers un Internet à 2 vitesses » et évoque la problématique du référencement & de la bande passante. Or, ce problème n’est pas nouveau : entre développer, référencer, promouvoir, … tout cela à un prix et n’est réservé qu’a un pourcentage restreint d’éditeurs. Les autres adoptent le système D et pratiquent le DIY (Do It Yourself) à outrance.

    Mais le phénomène n’est pas lié qu’au net, on retrouve la même chose en musique, dans l’édition,…

    Après, quel intérêt aurait Google à sabrer les petits sites ? Adsense, c’est 90% du C.A. de Google (ou on en est pas loin), et dont une bonne partie des éditeurs n’atteignent pas les 50€ requis afin de procéder au versement.

    Aujourd’hui, la neutralité du net, ça intéresse qui ? Au premier rang, les éditeurs de contenu, les prestataires d’hébergements (qui proposent déjà des offres à deux vitesses) & les régies publicitaires qui verront surement le marché évoluer différemment.
    Mais le grand public dans tout ça ? Je suis convaincu qu’il s’en fou éperdument. Il faut donc continuer à proposer une offre riche &attractive.

    Enfin, tu évoque la gratuité des offres « des outils fabuleux et gratuits, à exiger qu’ils le restent. ». Évidemment, ça va de paire avec les problème du net à deux vitesse.
    Pour moi, on a atteint la limite de la gratuité du net. Produire du contenu, ça coute cher, l’héberger aussi. Partant de là, on a deux cas de figures possibles :
    – l’activité est très rentable avec seulement quelques bandeaux publicitaires
    – l’activité est peu rentable (voire pas du tout), et il faut songer à un autre modèle.
    Proposer un accès payant à du contenu ne me choque pas, et le procéder pourrait d’ailleurs se démocratiser dans les prochains trimestres.
    Mais là encore, on retombe dans un Web à deux vitesses, mais pour les utilisateurs cette fois : il y aura celui qui peut se payer l’accès au contenu & celui qui ne le peut pas.

    Sans vouloir être défaitiste, quoique qu’on fasse, sur Internet autant que dans « la vraie vie » (pour utiliser une expression que je déteste), on aura toujours cette inégalité.
    Internet est jeune, personne ne peut dire ou l’on va, alors il faut essayer !

  8. #9 par jcfrog le septembre 1, 2010 - 3:06

    décidément, vos réponses sont plus intéressantes que mon post😉

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