JCFrogBlog II
La solution existe.Archive pourhadopi
Le spam c’est (parfois) bien
Je me suis fais spammer dans les commentaires par allomusic.
Mais en l’occurrence, ça m’a fait plaisir: ils me proposaient de lire leur article sur Eldia. C’est ce que j’appelle du spam intelligent puisque j’imagine qu’ils ont Googlé Eldia pour voir qui en parle et proposer à ceux qui l’ont fait d’aller jeter un oeil sur leur post. Comme c’est ciblé et fait de façon pas trop lourdingue, c’est efficace. Je suis allé voir et je suis content d’avoir vu ces petites vidéos du plus grand goupe français depuis les Beatles.
Et en ces heures funestes qui voient l’avènement prochain de l’ère primaire Hadopi (J-1!), sans vouloir sur interpréter leurs propos dans l’interview ci-dessous, il est intéressant d’avoir l’avis de musiciens qui galèrent encore un peu (mais ça ne durera pas) et qui comprennent malgré tout que l’Internet ne saurait être bridé, tout en étant évidemment préoccupés de leur rémunération. Moi je suis contre Hadopi et j’achète Eldia, bordel!
Je rêve qu’ils puissent un jour vivre décemment et même très confortablement de leur musique qui me plait profondément, pour autant je n’espère pas qu’ils fassent fortune dans les proportions indécentes que génèrent les larsen de l’ultra libéralisme du showbizz.
Je te recase la conclusion d’Allomusic qui me semble parfaite: “Eldia a dépassé le stade de groupe prometteur. C’est un groupe déjà établi, qui s’affirme avec talent. L’avenir devrait nous le confirmer. A suivre absolument.“
Edit 15/09 09:28: Laurent, le chanteur du groupe, apporte une petite précision croustillante: “j’ai dit que j’étais pour le P2P mais ça a été coupé !!!”
J’en profite pour ajouter que Laurent a aussi un projet solo: Franz is Dead
Totale hallu: alors que je cherche le lien de la video que je vais te mettre, ma télé diffuse une pub avec la musique d’Eldia. Si, si, c’est fou!
Alors là, on est top raccord: Eldia, spam, pub, y’a comme un parfum de perfection la dedans
Cacophonique transition
Avant il y avait le disque.

J’entendais ce soir un sympathique producteur passionné défendre Hadopi qui passera incessamment sous peu, et je le comprends. Vu de chez lui, cela me semble logique. Il me semble honnête. Il avait la délicatesse de souligner la diversité du monde, que ce soit chez les internautes ou les marchands de galettes musicales.
En ce qui me concerne je suis de plus en plus contre ce projet gouvernemental parce qu’il est si loin de ce qui pour moi pourrait être la bonne intelligence. Mais je me sais utopique
. Pour autant je ne me sens en rien solidaire des chtis gars qui ne rêvent que d’un Internet “libéré” où on pourait tout télécharger à l’oeil. Nous sommes si diverses. Moi j’opte pour une solution globale de rétribution à l’écoute, mais je sais bien qu’on ne peut pas imposer cela en 3 mois dans notre contexte ultra libéral. Et puis ce n’est que mon opinion de néophyte, par contre je suis sûr d’une chose, il y de nombreuses mouvances qui ont des propositions matures, qui se se préoccupent de la rétribution de la création, et la tristesse en l’occurrence, c’est que le dialogue ne peut se faire, trop tôt.
Internet est allé trop vite. Cette révolution ne peut être comprise par les arcanes du pouvoir, et je le dis sans aucun mépris, c’est mécanique. La claque est trop étourdissante. Nous même qui sommes passionnés et qui passons 48h sur 24 sur la toile ne comprenons pas tout, n’anticipons pas tout. Comment le pourrions nous? L’équilibre viendra en son temps, bientôt, j’en suis sûr. Nous sommes dans la transition.
S’agissant des avis de chacun, pour moi seule compte l’intention. C’est un peu comme le communisme ( si, si
) , je pense personnellement que cela ne correspond pas à une volonté profonde de la société civile, pour autant je garderai toujours de la sympathie pour le militant qui espère en cette option pour plus de justice, aussi puissamment que je méprise les petits chefs ou les tyrans de tout poil qui utilisent ces pulsions pour instaurer un ordre non démocratique et criminel. On a souvent gloser sur la comparaison Joseph/Adolf, à compter le nombre de victimes. Pour moi l’essentiel est ailleurs: s’il ne fait aucun doute que nous avons à faire aux 2 mêmes malades, l’intention du militant communiste est souvent généreuse quand celle du militant nationaliste est toujours dégueulasse, et c’est tout ce qui compte pour moi.
Dans le même style, l’athée que je suis devenu dès que le poil fut poussé n’est plus anticlérical et aime le curé qui se bat pour les petites gens autant qu’il condamne les dorures d’un Vatican qui entre autres l’auront éloigné de la foi.
L’intention.
Mais ou m’égars-je?
Tout cela pour dire que j’écris ces mots en écoutant le dernier Muse sur Deezer et je perds les pédales. Ce mois de Septembre voit la sortie de nombreux albums que j’attends, et c’est le binz. Le Muse est en ligne, je clique pour acheter l’album sur iTunes pour m’apercevoir qu’il n’est pas encore sorti. Il y a quelques jours je recevais un lien pour télécharger le nouveau Megadeth qui ne sortira lui aussi que la 14 septembre prochain (je ne l’ai pas utilisé, je suis un héro des temps modernes
). On se retrouve à disposer légalement ou non d’albums qui ne sont pas encore dans le commerce, et franchement, je trouve que c’est n’importe nawak.
Cacophonie.
Nouveauté inattendue d’Hadopi: enfin un Twitter en français
C’est le privilège de trôner au firmament de tous les classements de blogs de bûcherons roux longjumellois, nous avons été sollicités par le gouvernement pour béta tester les solutions de la nouvelle ère numérique. Nous avons en effet eu la chance d’obtenir un compte accrédité pour la nouvelle mouture hadopisée d’un twitter enfin francisé.
Pour ce qui est de la censure hadopienne, nous constatons après quelques essais un très haut niveau de performance des robots gouvernementaux, quant aux traductions il reste certes quelques imperfections ou essais en attente de validation mais dans l’ensemble, c’est vraiment une merveilleuse avancée technologique et démocratique.
Evidemment le français est un peu plus verbeux, ce qui surcharge très légèrement la page d’accueil, mais l’exception culturelle a ses exigences.
(cliquer sur l’image pour admirer le spectacle)
Merci à notre gouvernement et sa flagrante maîtrise du sujet: on se sent enfin chez nous et en sécurité sur le web!
Disclaimer: tout ceci est faux et archi faux, et nous l’espérons, même pas prémonitoire.
Très chers artistes dits de gauche
Moi aussi je suis en colère.
Comme il est dur de vous le dire tant “j’aime ce que vous faites”, mais si je ne vous fait pas le procès de la sincérité, si j’aime souvent vos coups de gueule, je voudrais vous dire aujourd’hui très humblement ma peine à lire ce qui est pour moi votre égarement.

Que vous vous inquiétiez du statut et de la rémunération de la Création, c’est bien légitime.
Ce qui ne l’est pas à mon sens c’est de croire que ceux qui s’opposent à cette loi n’y pensent pas. Nous ne sommes pas les défenseurs d’un vol généralisé des artistes. Mais je ne m’attarde pas sur le débat de fond sur Hadopi, il est compliqué et nécessite le débat. Ailleurs donc.
Ici il ne s’agit que d’une opinion lambda, en l’occurrence l’objet de “ma hargne et mon courroux” porte sur un point précis: l’insulte faite à l’idée de gauche.
Moi aussi je prétends être de gauche. Et vous m’avez estomaqué!
Comment croyez vous que de ce côté on puisse recevoir ces leçons faites aux strates politiques venant des nantis de l’ultra libéralisme artistique?
Car oui, je pousse le bouchon, je vous accuse justement, j’espère inconsciemment, de défendre un des modèles les plus ultra libéraux de nos économies: la rémunération des artistes.
Le principe d’une rémunération exclusivement basée sur le mérite et la rentabilité, il est défendable, mais pas à gauche
L’artiste est aujourd’hui dans la même logique que le footballeur: le génie est richissime, la masse des pratiquants se partage des miettes.
Le PS n’est pas ma paroisse, mais prétendre qu’il serait réactionnaire au prétexte qu’il ne se prononce pas pour cette loi à mon sens archaïque et pour le coup d’un conservatisme totalement ignorant heurte profondément mon exigence de cohérence.
Enfin puisque nous sommes dans les amabilités (oui le web ça late un peu de temps en temps
), encore une fois pardon de mon honnêteté, mais quelque soit mon admiration pour certains d’entre vous sur le domaine artistique, ne seriez vous pas simplement incompétents en la matière? Que connaissez vous du global brain? des nouveaux schémas économiques de l’air numérique? Personnellement moi qui baigne dedans j’ai encore du mal à me faire une idée précise tant cet univers se développe à une vitesse enivrante.
Ce n’est pas vous insulter de dire que vous n’y connaissez rien, chacun sa génération, chacun ses outils, aucun jeunisme dans mon propos, mais c’est une insulte de croire que nous sommes tous avides d’utiliser ce formidable outil aux seuls fins de piller la culture. Je ne la connais pas encore mais j’en suis sûr: “la solution existe!”, et ce n’est pas Hadopi.
Avec tout mon réel respect,
Un de vos clients attristé.
PS: Peut-être me trompe-je, peut-être êtes vous des surfers fous experts en nouvelles technologies. N’hésitez pas dans ce cas à me donner vos comptes twitters ou autres réseaux, je serais ravi de vous follow ou de chater à l’occasion.
PPS: Mr Arditi, je vous aime
Hadopi, c’est fini
J’ai failli oublier, une petite dernière avant de partir.
Hadopi: maman, je t’explique pourquoi je pense que c’est une erreur

Le débat sur les droits des auteurs est compliqué. D’ailleurs en ce qui me concerne je n’ai toujours pas d’avis tranché sur la solution.L’actu étant faite de résumés, la très grande majorité de la population qui n’a pas les mains dans le cambouis pense légitimement qu’Hadopi c’est bien “puisqu’il faut bien que les artistes soient rémunérés pour vivre”.
Élargissons un peu le cadre. Le “partage de la connaissance” n’est pas une lubie de geeks comme ton fils, c’est concret, chaque jour ma productivité est augmentée par ce que je trouve sur la toile. Je suis bloqué sur un truc, au lieu de perdre 3 jours, acheter un bouquin qui ne sera pas le bon, mon Google chéri m’emmène en 3 secondes sur un site où un type du bureau d’à côté ou de l’autre bout du monde m’explique comment lui il a réglé ce problème. En retour j’essaye d’y injecter ce que je peux. Tout ceci fonctionne comme un immense cerveau dont nous sommes tous les petits neurones idiots. Tout seul on ne va pas bien loin, mais inter-connecté à quelques milliards d’autres, on devient tous super intelligents.
Je ne suis jamais blasé devant la puissance vertigineuse de ce global brain qu’est Internet.
Alors bien sûr, comme dans tout cerveau, il y a des méandres du cortex qui ont des comportements déviants: ils téléchargent!
De plus ils s’adaptent constamment, et à moins de lobotomie, on ne pourra pas faire sans eux.
Hadopi veut entre autre filtrer, couper. Pour moi c’est comme un neurobloquant. Sauf qu’il me semble que la molécule hadopi n’est pas encore au point, elle pourrait bien se tromper de cible et à vouloir endormir une de parties les plus dynamiques de notre cortex, on risque de rendre léthargique toute la planète numérique. Et puis n’est ce pas mettre le doigt dans une dépendance aux substances juridico-patogènes?
Dans l’idéal un grand déballage pour une vraie psychothérapie de groupe est sûrement préférable à une prise massive d’antidépresseurs, inadaptés qui plus est.
Personne ne souhaite un système qui oublie de rémunérer la création, mais peu de monde croit que ce sont les majors et leur Hadopi qui vont protéger les artistes.
Je t’invite enfin à écouter ce qu’en dit Mr Attali et qui me semble limpide.
Bisous et bonne journée maman
Hadopi suite et fin: Google rachète la France

Consterné par la médiocrité des débats et l’incompétence manifeste du gouvernement français en matière d’invention du nouveau monde, le géant de Mountain View en association avec des fonds souverains norvégiens a racheté cette nuit la patrie des droits de l’homme pour la nordique somme de 1024 milliards de dollars.
“Nous ne saurons tolérer que ce pays de la tradition révolutionnaire sombre dans la censure à l’heure où le monde a besoin d’ouverture. Nous entendons par ce putsch 2.0 sans précédent utiliser la France comme plateforme de test pour nos nouveaux logiciels sociaux basés sur la confiance certes, mais aussi les devoirs. Nous ne laisserons faire ni les pirates, ni les censeurs.”
Axé sur la transparence tout azimut, cette nouvelle organisation sociétale a été mise en place en moins de 17 minutes. A l’heure qu’il est tous les comptes en banque des citoyens et des entreprises françaises ont été transférés sur GoogleDocs et sont accessibles par tous, en lecture bien sûr. Les dossiers médicaux, les points de retraite, les allocations, tout est logué et accessible via les comptes google alloués pour l’occasion.
Selon Google, il reste juste un petit problème avec tatie Josette qui semble ne pas avoir reçu son mail d’information au fin fond de son Ardèche adorée, mais cela devrait rentrer dans l’ordre dans la matinée.
Un event a été logué sur la page publique de surveillance des services Google, transparence oblige.
Hadopi ne peut pas sauver Universal
Seul UNIVERSAL peur se sauver lui même. D’ailleurs, il n’est pas encore en danger, mais mieux vaut en avoir l’air évidemment…
M’a pas convaincu Msieur Nègre ce matin. Commence même à me chauffer avec ce leitmotiv qu’il défend les petits, que Universal a pu baisser le prix des disques mais du coup a du licencier, et surtout des jeunes. Et il est triste Mr Nègre pour les jeunes! Et tout ça à cause de qui? Hein? Pirate va!
Seulement 10 minutes avant il n’a pas nié que Universal aujourd’hui c’est une marge de 15%, ce genre de marge à 2 chiffres dont il semble bien que l’exigence soit une des causes “major” de l’ineptie néo-capitaliste qui nous a tous mis dedans.
Mr Nègre s’accroche à son bout de gras et je le comprends, mais son monde est moribond. Oh il a encore de belles années devant lui, le système ne va pas s’écrouler en 6 mois, beaucoup de gens ne savent pas encore acheter un disque autrement qu’à la FNAC, on l’oublie peut être un peu dans notre bulle, mais le modèle est bien en fin de course. De plus j’ai l’impression qu’il a du mal a imaginer une distribution sans la gabegie de pognon brulé dans les actuellement nécessaires circuits promotionnels. Car c’est bien ça la justification suprême: “nous les producteurs on doit dépenser plein d’argent pour faire connaître, pour aider les artistes découverts”. Et oui, mais est-ce une raison ou est-ce le problème?
“Si vous avez un morceau à 1€ et le même à côté gratuit, évidemment que vous prendrez le gratuit”. Non Mr Nègre, pas forcément, c’est là ou vous ne comprenez pas. Je reste consommateur même si des potes remplissent mes disques d’artistes que je ne connais pas ou que j’aime moyen. Certains d’entre eux passent un jour dans la case “j’achète”. C’est le brassage. Pas de pertes pour vous, je l’affirme, je n’achèterai pas plus sans cela, et même ma consommation “payante” a plutôt augmenté avec la facilité d’accès que m’offre iTunes et consorts.
Je n’ai pas LA solution, par contre je sais que le changement est profond et qu’il faut arrêter de vendre des galettes en plastique. Je propose même comme pour les voitures un bonus malus: que ceux qui achètent des supports polluants soient jetés aux lions!!!!
Mais le plus fou c’est tout de même qu’aujourd’hui avec un ordinateur on peut vraiment tout. Enregistrer, diffuser, c’est ça la vraie révolution qui casse tout. Plus besoin de producteur, de “circuit”, de chance (là j’exagère un peu
), voir de relations. Pascal Nègre a beau jeu de dire que les expériences rentables d’artistes auto-créées restent anecdotiques. C’est vrai mais il me semble que c’est un début plutot qu’un hasard. Et si en plus les indépendants (qui n’ont même plus besoin de labels indépendants) s’organisent en communautés numériques (voir cet article sur bandize.com chez les Inrocks), je t’explique pas le carton.
Jamais les artistes n’ont bénéficié d’une telle possibilité technique d’auto production.
Jamais les artistes n’ont bénéficié d’une telle arme de publication massive.
Et oui, ça va devenir difficile d’être artiste: on ne va plus pouvoir compter que sur son talent!!!
Le cinéma porte plainte contre la télé
A l’heure où se joue l’avenir du monde des marchands de disques en plastique à l’Assemblée Nationale, nous apprenons d’une source on ne peut moins fiable que l’industrie du cinéma attaque à son tour les constructeurs de téléviseurs. Mais pourquoi?

L’argumentaire des Studios est imparable: “Depuis 5 ans, la fréquentation des salles a baissé de 25%, dans le même temps les ventes d’écrans plats et de systèmes dits Home Cinema ont explosé. CQFD! Nous demandons légitimement au gouvernement de faire une loi pour interdire la vente de télévisions de haute qualité qui met en péril la culture française!”
Une grande enquête d’investigation menée par de courageux journalistes de terrain dans les dépêches AFP a montré que de plus en plus de gens comme vous et moi préféraient ouvertement passer un bon moment en famille dans des conditions de rêve offertes par la technologie moderne, plutôt que de se peler les fesses dans les files d’attente afin de voir pour 10€ par tête un film mal assis sur un écran tout pourri.
Comble de la malhonnêteté, il apparait que dans certaines familles ou autres cercles d’amis on n’hésiterait pas même à se prêter des DVDs qu’on a acheté à la FNAC!
Devant cette situation dramatique d’une société qui bouge à une vitesse déconcertante, l’industrie se cabre et demande à juste titre qu’on oublie la réalité du monde et que la Nation soutienne l’anachronisme des constructeurs de bagnoles polluantes, des industries has been ainsi que les profits des gestionnaires et des pirates professionnels en organisant une prohibition du partage.
Pour un monde meilleur.
“Think positive”? “Think” déjà ce serait bien.
Disclaimer: cet article est rédigé sous licence (CB) Complete Bullshit
Evidemment tout ceci n’est qu’un ramassi de blagues idiotes, mais je réagis à un reportage que j’ai vu hier soir sur France 3 qui plaçait le débat à un niveau zéro: en gros “TOUS les maux de l’industrie du divertissement sont le fait exclusif du piratage”.
Super, voilà qui ne manque pas de recul.































