J’écris ce poste entre autre pour y renvoyer le plus souvent possible ceux qui s’étonnent de ma “parano”, un peu lassé de me répéter et surtout de devoir me justifier.
Donc je t’explique entre autres pourquoi je ne te sers plus la main.
Alors voilà, ma fille est asthmatique, toute grippe, tout rhume est une menace pour elle car source possible de complication pulmonaire. Même dans notre propre famille tout le monde ne se rend pas bien compte que nous avons déjà failli la perdre, notamment il y a quelques années suite à une pleurésie. Fragilité pulmonaire. Nous sommes donc rompus à la culture de la prévention: je rêve depuis longtemps de l’abolition des poignées de main, bien avant tout cela.
Vient donc la grippe H1N1. Suite à une mobilisation mondiale dans un affolement jugé abusif par beaucoup, des mécanismes sanitaires se mettent en place pour lever le niveau d’hygiène, ente autre la notre, nous ces “cochons de français”. Si, si, ne nie pas!
Suite à une dramatisation excessive, est venu le temps de ce qui est pour moi une dédramatisation excessive. On parle de grippette. L’immense majorité des gens touchés s’en sortent avec des symptômes bénins, tant mieux, c’est formidable. Fausse alerte pour autant? Même si cette grippe ne fait pas plus de morts qu’une grippe saisonnière, est ce une raison pour vouloir l’attraper, et donc la répandre?
Lorsque j’ai vu tomber les premières communications “corporate” sur le sujet, j’étais heureux. Enfin du concret, enfin on va parler de ces choses toutes bêtes que sont nos comportements idiots et hautement contagieux. Pour moi la crise H1N1 était l’occasion de changer, pourquoi ne pas faire perdurer ces petits changements comportementaux bénins, et peut-être même résorber une partie du trou de la sécu sans effort autre que celui de changer quelques vieilles habitudes. Toutes ces millions d’heures de travail sauvées, toutes ces morts débiles épargnées. Naïf j’ai été car les vagues de gastro et de grippe sont admises avec fatalisme.
Je ne m’y résous pas.
J’étais bien certain qu’il y aurait un bon nombre de récalcitrants, d’objecteurs de confiance, mais j’en reste baba: je suis bien seul. La quasi totalité de mes collaborateurs respectent mon “désolé, je suis les consignes” mais trouvent ça idiot. Et je te le dis amicalement collègue, à la longue c’est dur.
J’ai la chance d’être dans une situation où je peux me le permettre, je suis respecté par mes camarades, mais chaque jour les sourires même amicaux, les incompréhensions répétées m’usent. En gros on raille gentiment ma “peur”. Il y en a aussi quelques uns qui comprennent, soyons justes
Usé d’entendre “de toute façon si on doit l’avoir on l’aura”, “et comment tu fais pour ouvrir une porte?”, “mais c’est pas grave, 2 jours de doliprane et c’est réglé, arrête de flipper”.
La question n’est pas de vivre dans une bulle, je sais très bien qu’on ne maitrise pas un virus, que le risque zéro n’existe pas. Mais on a des outils simples et efficaces pour freiner les transmissions, et je ne comprends pas que ce soit reçu comme un truc ridicule. Ces gestes n’ont de sens que si la majorité s’y mettent. On me dit qu’on respecte ma décision “mais nous on n’a pas peur”, mais si je suis le seul à le faire ça n’a pas de sens. Quand vous vous serrez les mains, vous n’impliquez pas que vous. C’est surtout un comportement global qui peut fonctionner. Et donc pour ce coup ci c’est encore foutu.
Je ne crois pas que mon discours soit hygiéniste. C’est du simple esprit pratique. Je continuerai personnellement de faire le mur aussi troué soit-il, et je continuerai globalement de militer pour un changement de comportements, simples et efficaces, dans l’intérêt de tous, et surtout des “populations à risques” qui payent le prix fort de l’égoisme général: depuis qu’on sait que nous les solides courrons un risque infime, on se fout de cette grippe h1n1. Et je te le dis amicalement: c’est moche.
PS: je viens de lire la dernière note envoyée par ma DRH (et qui sera totalement ignorée de tous): selon l’information du GIDAM d’octobre 2009, l’hygiène des mains permet de diminuer de 30 à 50% les risques de contagion.
PPS: oui j’ai mis ma fille à l’école ce matin, et ça m’inquiète.































Je comprends parfaitement ton point du vue et je ne regarde pas en souriant ou rigolant les gens qui refusent de me serrer la main. J’ai même du me plier à ne pas serrer les mains car ma plus jeune fille était suspectée de l’avoir attrapé cette grippe.
Cependant je reste très attaché à cette poignée de main. C’est un geste social même qui, s’il est très mécanique (“salut, ca va ?”), a du charme, du chien, du beau. C’est sûr ça en a moins avec mes collègues de bureau mais je prends un réel plaisir à serrer la main de mes amis.
Je trouverais beaucoup plus bizarre et gênant un salut “levée de main” qui créé tout de suite une distance et qui manque de chaleur humaine même si je suis d’accord avec toi, au niveau hygiène c’est pas génial.
ben oui je comprends bien, c’est très ancré en nous, je ne dis pas le contraire. Moi aussi il m’arrive de me laisser emporter.
Mais faudra bien que ça passe
Ou que la science et la médecine éradiquent ces maladies
yes!
je précise que je touche encore mes amis 1.0, je suis juste pour au moins limiter le brassage “en société”.