Oh bien sûr j’ai honte, mais faut bien reconnaître: je suis totalement intolérant.
Je sais c’est mal, mais y’a pas moyen, j’ai fait semblant un moment, mais plus l’âge avance, moins je suis apte à l’effort: je suis incapable de supporter notre société du meltingpot qui nous oblige à nous mêler à ces gens du Front National.
Oh ne crois pas que je suis ignare en la matière, que je n’ai pas fréquenté, j’ai même une cousine qu’en a épousé un, je comprends bien que ces gens ne sont pas responsables de ce qu’ils sont et que ce sont des humains comme nous, mais si j’essaye d’intellectualiser la chose, la tripe finit toujours par reprendre le dessus et je sens en moi des pulsions malsaines, des envies de leur hurler au visage des horreurs comme “démocratie” “éducation” “histoire”, voir même (pardon) “douceur “harmonie” “partage”. Oui il m’arrive d’être brutal.
Ah que je me hais dans ces moments d’égarement hormonal internationaliste mais moi aussi j’ai des excuses. Je suis né pas bien loin de Hénin-Beaumont, et même si je l’ai quittée très tôt, je sens toujours aussi profondément l’appel de la terre picarde. L’ignoble bonté de ces petites gens qui sont plus forts que la misère du désoeuvrement qui les plombe m’a fortement impressionné dans ma jeunesse et n’est certainement pas étrangère à mes déviances universalistes.
Mon père est né là bas, ma mère est née là bas.

Je suis d’une terre de briquettes rouges qui a certes toutes les excuses du monde pour être d’obédience fascisante mais pour laquelle mon esprit malade garde l’exigence d’un minimum de tenue républicaine. Je ne veux pas te faire peur mais les média te cachent la vérité: il faut que tu saches que nous sommes nombreux la haut à croire aux valeurs du coeur.
Bon allez, fais pas le con Hénin-Beaumont, on t’aime, toute la France te regarde, on compte sur toi!





























Ça me réconforte de te lire à la fin de ma journée, surtout en ce moment et tu sais pourquoi. Bises